ACCUEIL JOURNAL ROMAN.COM CARNETS

Journal
après
arc-en-ciel
brouillard
Cellophane
dimanche
fenêtre
flaque
mardi
mémoire
note
notes
regard
samedi
thé
vacations
verre

foehn





 

41*26.08.97



Le duel pour la fortune du partage des eaux émerveillait toute la plaine de mille fracas du pas pesant que chaque océan portait devant lui.

En quelques jours, ce qui était apparu au premier bûcheron comme une compagnie à son labeur se mua en onde grondant au rythme du crépitement des coups de deux tambours, d’un côté et de l’autre du haut plateau, dans un dialogue de force faisant où deux marteleurs rivalisaient.

Sa hache reposée sur son épaule puissante, il gravissait les bords du pays, remplissant une tâche qu’il était le seul à pouvoir accomplir, et pour laquelle ses concitoyens l’avaient officiellement nommé tant il apparaissait évident qu’il revenait au seul homme vraiment libre de cesser toute activité - il rattraperait son retard de bois de chauffe bien assez tôt - de se voir confier la surveillance de ce phénomène inconnu tout en conservant le niveau d’activité normal de la communauté.

Ainsi les choses avaient été tranchées et rien ne vînt plus bouleverser la bonne marche de la petite économie locale. Chacun en oubliait maintenant le battement familier, on ne pensait plus aux questions qu’il allait falloir se poser, et le bûcheron avait rapidement accepté, sous un poids assez raisonnable d’honneurs et de recommandations bien lettrées des notables et des commerçants persuasifs qui se faisaient fort de veiller au bon ordre de la cité en son absence, aux fonctions du pouvoir, à la garniture de son baluchon de voyage et à la sérénité des âmes inquiètes.

Depuis, il avait quitté sa cabane à flanc de montagne et arpentait les monts qui bordaient le pays. De sa mission de surveillance il gardait néanmoins la nostalgie du temps où un petit village baignait paisiblement sous un soleil radieux. Il y a fort longtemps de celà, il était parvenu au sommet du plus haut des pics de l’arène. Là, jetant pour la première fois son regard dans le vide d’une vallée nouvelle, il avait pu voir les engins alimenter en de lointaines et interminables files le feu titanesque du premier fourneau.




 
 
textes

1er-08-2002
Le 1er Novembre, c’est la fête des morts.
- Klingsor

Conception et réalisation Homo futuris