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Quatrième note, conjonctive.





Si on suivait du doigt dans le ciel la trace d’un avion, sans se laisser dérouter par la forme des nuages et l’horizontale des courants d’air, on aboutirait directement au coin de la rue où une femme obèse aboie sur un chien noir, la gueule passée entre les barreaux de la grille.

Son poing se serre et se desserre au rythme d’une masse qui frappe le métal. De son mètre cinquante, elle ne mesure pas ses mots, s’éloigne de la poésie, et on voit tous les animaux, la queue basse, déguerpire jusqu’à l’orée du bois. Après quoi elle s’en retourne dans son intérieur trop cher passer de la musique trop gaie sur la hi-fi trop fort pour être vraie et entonner à tue tête des paroles aux accents espagnols.

Encadrée dans le chambranle doré de la salle à manger et baignée de lumière, elle y restera pour de vrai, même les yeux fermés, et bien après que la dernière persistance rétinienne ait éteint sa chimère rosée. Sans refermer la porte. C’est dans l’esprit des choses.

Si bien que d’un si posé bien à propos, comme d’un coup de baguette, magique, avec un reste de compassion et dans le souhait d’un bémol, un voisin bricoleur et plein d’initiatives aura mis la main sur un canif. Celui qui fait ouvre-boite. Celui qui fait tourne-vis. Toujours dans la poche droite. Comme d’autres caressent la montre gousset d’un grand-père et quelques vieux rêves enterrés.

Si on suivait du doigt dans le ciel la trace d’un avion, sans se laisser dérouter par la forme des nuages et l’horizontale des courants d’air, on aboutirait directement au quatrième étage d’une tour du quartier résidentiel, à deux pas de la gare ferroviaire, d’où on peut voir passer les fourgons à bestiaux qui voyagent vers l’orient avec des meuglements.

On s’y croirait assis dans l’herbe, à sucer des pâquerettes, à jouer à laisser les mouches se poser derrière les oreilles. Et laisser doucement glisser à terre la serviette éponge qui couvre la fille que j’aimais, avant de l’embrasser sur les pieds, avant même que l’été l’emporte à jamais, au fil des rails, et vers les îles. Couvert d’un manteau en peau retournée, le nez dans les sabots, il sera tôt temps de regagner l’étable.

Mais elle est encore là, enfin c’est à croire, isolée dans un coin de la pièce, à demi désolée. Il semble qu’elle a compris maintenant le message caché dans le papier peint. Ses doigts glissent sur le mur, d’un mur à l’autre, et font danser les montagnes, relient des points communs. Tout pourra être si facile, si elle les relie bien.

Au fond, il reste moins de dix minutes avant son premier rendez-vous, et si elle se penche à la fenêtre, maintenant, elle pourra le voir attendre devant le cinéma. Si elle se penche bien. Au bout de la file, frénétique, il trépigne sous les traces des avions, regarde sa montre et recompte ses jetons. Ca fait bien vingt fois qu’il voit l’épisode en entier mais il ne désespère toujours pas de pouvoir sauver la mère, à la fin. Cette fois, il est venu avec une hache. Ca serait mieux que rien.




notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

et textes

2-11-2005
Et d’ici là.
- James Benoit

29-11-2003
Grande et belle
Normalité lisse
- Klingsor

16-10-2002
Arton99.
- James Benoit

1er-09-2002
Ici et là.
- James Benoit

21-08-2002
A Cabourg
- Klingsor

19-08-2002
A Paris
- Klingsor

6-07-2002
sans date
Balade Epiqua.
- Klingsor

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