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Troisième note, géographique.





Il y a peu, il n’y avait rien. Ce sont des souvenirs qui font la part commune du lien. Chacun pour soi. En principe, c’est l’heure des commémorations, le chassé croisé du lecteur d’un journal et de son écrivain, qui font un récit, main de la main.

Ici, je regarde à ma montre. Le temps fait le chasse-clou et arrache sans vergogne ce que j’y ai planté, et qui n’est ni dans les mots sur le papier, et ni chez l’un et ni chez l’autre. Juste des bonnes intentions, collectives, en commun.

Des dalles, dédale en couleur sur le parvis de la gare, défoncées à coup de talons-aiguille, des fers de semelles et le méandre des chevilles, l’une d’elle est dessertie. Elle menace, un coin en l’air, et crève l’atmosphère sur dix millimètres d’aplomb. Insolente.

Elle se tend. Elle pourrait être une ficelle, une corde. Elle porte, à bout des espérances, tout ce qu’elle peut de porte-à-faux, se fait plongeoir pour escarpin. Pointe contre pointe. C’est l’embuscade du pauvre qui n’attend que son coup de grâce, que le talon qui écrase s’y brise. Entourée de ses semblables, au nœud de l’araignée, on dirait que rien ne guette. Et c’est justement le moment de s’en convaincre.

Au loin le cri du train. Un train à prendre. Pendant ce temps. Virage à trois cent soixante degrés, dérapage sur des lignes droites continues, à perte de vue. Des murs dressés à chaque enjambée servent d’indication au passant qui se serait perdu là. Et on se retrouve en plein carrefour, alors que rien ne l’aurait prédit. Le nez au sol. L’épaule démise.

A la descente du taxi, tu as du reconnaître ton visage dans une flaque, ou un reflet du ciel et des avions qui passent, des avions, ou des oiseaux. Toute diplomatie est desormais inutile.

Je t’aurais promis qu’au premier venu de l’est, c’était l’espoir des orages et un bouleversement. Qu’au premier venant de l’ouest, c’était une veille d’un soir et la mort au tournant. Et au fond, il n’y a que nous, toi et moi, à quadriller la scène. Les autres n’entravent que dalle. Les autres.

Je t’y aurais vu, les champs de mon enfance, ceux que je me serais souhaités, longtemps, des cheveux de mouton sur un barbelé, marque de moralité. La route pour la mer. Un rendez-vous au café. Et moi presque les mêmes. A l’endroit, au moment. Ou en chemin pour l’être, à se tendre, et puis...

Le nez au sol. L’épaule démise. Au point de la ligne. En train de se dire qu’il est impossible de croire qu’au moment d’arrêter le temps pour se regarder faire ce soit le temps qui arrête de nous faire, des dalles qui pavent le labyrinthe, l’une d’elle s’est brisée contre mes dents.




notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

et textes

2-11-2005
Et d’ici là.
- James Benoit

29-11-2003
Grande et belle
Normalité lisse
- Klingsor

16-10-2002
Arton99.
- James Benoit

1er-09-2002
Ici et là.
- James Benoit

21-08-2002
A Cabourg
- Klingsor

19-08-2002
A Paris
- Klingsor

6-07-2002
sans date
Balade Epiqua.
- Klingsor

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