C’est plein d’erreurs, ici, des contre-vérités qui font des lois : plein de tromperies.
J’ai eu vent d’histoires qui se sont déroulées dans l’anonymat, dans l’indifférence totale, et qui ont, par la suite, conduit à l’élaboration des légendes fondatrices, les jambes d’une civilisation.
Je sortais de l’aéroport, les bras encombrés de bagages. Les taxis avaient été réservés, semblait-il, pour la soirée et le prochain bus n’était pas prévu avant le lendemain. Je restai donc là, avec mes cadeaux pour les enfants et mes frusques en pagaille, à balayer mes intentions les meilleures à cinquante centimètres du sol. A l’aller. Au retour.
Et voilà comment on retrouve de tout et de n’importe quoi, parmi les papiers gras, à tourbillonner sur le goudron en attendant qu’on le ramasse. Et qui se charrie à la benne.
C’était un rendez-vous. L’un de ceux qu’on a avec l’Histoire. Un traité à signer avec l’affiliation des gouvernements. Une charte déambulatoire sur l’étendue des libertés qui n’avait pour l’heure encore pour moi ni queue ni tête, ni rien du tout. Pas encore le moindre sens, pas la moindre valeur. Juste de quoi donner du poids à la direction des états et convaincre qu’ils ne chôment pas.
Mais j’avais dans mes valises un tissu de mensonges et la trame d’un récit, toutes sortes d’excuses à quoi se raccrocher pour faire bonne figure mais pas de quoi grimper aux rideaux. C’est ce qu’on appelle être chargé des affaires courantes, et donc celles qui ne marchent pas.
J’arrivai à destination, enfin, tard dans la nuit, bien après la bataille, à court de civilités et dans un sale état, tout à l’instar de ma nation, comme les choses se font : quand on n’a pas de tête, on a des jambes. On avait ratifié. On avait paraphé. On avait commenté et amandé. Une décision avait été reportée, un autre rendez-vous donné. La réception allait commencer.
Et là-dedans, difficile à croire à moins d’être indécrottablement évolutiste dans le sang, quelque chose était important et allait induire une succession d’incidents, plus ou moins heureux, capitaux pour la suite des événements et l’avenir de mes enfants.