SEPTEMBRE 1998
mise en ligne :
samedi 2 novembre 2002
par Klingsor

PREMIÈRE PARTIE


Cahiers de Septembre 1998

II



Première partie




Derrière, car c’est toujours derrière qu’ils arrivent et d’un bond de panthère se jettent sur la créature cherchant à viser les yeux avec leurs mains trop petites, ils disent "Qui c’est ?" ou le demandent qu’importe c’est le jeu de le dire. Et comme on peut penser à l’oubli, comme l’effort de mémoire tend des lignes distinctes à l’aveuglette dans le but de les emmêler à d’autres fils eux bien enchevêtrés, une porte s’ouvre sur un lieu où, et bien vois-tu, nous sommes seuls sur cette route, le bord s’est arrêté de défiler pour nous, cela pourtant systématiquement depuis la veille, si bien qu’on remet en cause la réalité de ce qui nous entoure. Je vois chacun de nous dévisager chaque détail de ce qu’il aborde, rapetisser l’angle de vue immense qui l’environne et restreindre sa vision aux silhouettes disséminées de ses semblables eux aussi perdus dans le grand champ de cinéma où leurs importances se noient. Les vérités de notre univers s’affaissent au passage, une à une, de ces images inscrites.

"Les jeunes filles de notre équipage ont directement couru vers l’étendue en herbages qui se soulève jusqu’à nous depuis le bout de l’horizon, et finalement les voilà qui cueillent les fleurs fraîches, assises et accroupies dans le vert elles sont soudainement calmes et sérieuses, appliquées à former les bouquets qu’elles associeront en une grande gerbe." Pour toi. Les yeux cachés par des mains d’enfants qui disparaissent dés que tu te retournes, absents sinon.

Le souvenir s’est estompé du temps où tu cherchais à te rappeler leurs visages qui maintenant te sont familiers.