mercredi 21 décembre 2011
par Klingsor

JOURNAL IV


La vie nous oblige.






Je vais contre le vent qui parcourt la plaine. Un ciel chargé est au-dessus de moi. Les chemins me font courir à travers la campagne. Des bois arrivent dans lesquels je pénètre, et les senteurs des pins et de l’humus me remplissent. S’ils percent la voûte, je cherche les rayons du soleil contre mon visage. Aller face au Sud et à l’Ouest. Mes détours sont des recherches et des pertes, je ne suis jamais aussi absent que lorsque je ne sais où mes foulées me mènent.

Je sors pour migrer à travers les chemins. Je rêve qu’à travers un paysage familier une voie inconnue se présente, alors je la suis, reposé.

La vallée présente, sur son contrefort ouest, une série de bois et de près qui plus tard iront vers la mer, en descendant vers d’autres rivières à travers le pays. A l’est, s’étendent des terres agricoles au-delà d’un petit bois de feuillus et d’une pinède étroite que parcourt un chemin connu. Au sud s’étend le bois de Broglie et ses longues allées de chasse, une nature qui paraît sauvage, peuplée de cerfs. Je peux aussi aller au nord en passant les lieux-dits, les demeures éparses, le long de la rivière qui bientôt arrive à Bernay. Là on rejoint la ligne de train vers Paris, nous sortons d’un espace qui se découvre à pieds.

En moto, l’on pousse jusqu’à Serquigny, Montreuil l’Argilé, Orbec, Lisieux, et ces bourgades parfois désuètes, Beaumont-Le-Roger, où nous pourrons toujours prendre un café au centre ville, face aux colombages et aux édifices en briques, entre le Nord et l’Ouest.

*

Rentrer du bois. Encore un peu. Pour la suite de l’hiver. Nous avons quitté les appartements surchauffés, la maison est froide, la rivière en bas, humide.