mercredi 4 septembre 2002
par James Benoit

JOURNAL I


La nation.






Ca y’est, c’était parti. Pour de bon. Des foules qui défilent devant nos yeux et puis derrière la baie vitrée du drugstore.

Ca n’était pas encore une fusillade, mais déjà quelques balles qui se perdent, on les voit rebondir, et des bris de verre qui s’éparpillent au sol comme on fracasse des têtes.

Ca n’était pas le grand soir, la fuite des cerveaux, du sang sur la chaussée, mais déjà on se sentait déguisé pour la fête. "Mais elle est où cette foutue guerre ?!" ... Une chemise étriquée et qui colle à la peau. Un jupe de flanelle qui revient droit des champs. Des soquettes et des bottes. Beaucoup. Beaucoup de bottes.

Allez, on ne va quand même pas en faire toute une histoire.