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Amoures propres.





 

Torsions à l’estomac, mais sans acidité, pilule adoucissante une fois avalée.

Un slogan qui trotte dans ma tête comme on fait du toboggan ou du tir aux fléchettes. Une comptine pour enfants attardés sur un air qui entête, j’ai mal aux dents. Tout autour de là, les bactéries attaquent. Elles frondent sur ma conscience comme des automobilistes sur la pompe une veille de pénurie annoncée, vrombissent comme des hélicoptères de police. Mais je n’ai tué personne. Pas encore. Ou bien.

Il faut encore faire face aux compressions de budget, le fer à l’étau, le poids des masses et l’équilibre à trouver. Si quelqu’un a quelque chose à dire, qu’il se taise à jamais et qu’il sorte de la salle, à présent, pour des siècles et des siècles. Car le maître de cérémonie se lève au bout de la table oblongue à la pointe de la salle oblongue comme le trajet d’un coup de crosse à la base de la nuque. Si les fenêtres n’étaient pas condamnées, une bouffée d’air frais serait la bien venue. Ça serait une bonne idée. Une bonne idée. Mais ils sont loin les temps des médecines, des trouvailles et de l’aspirine.

Aujourd’hui, 16 février, à cette heure, la science est née pour tous les produits, dédiée tout entière à l’évolution du confort du consommateur lambda. Et ce depuis toujours. Toute recherche est concentrée, inlassable, sur l’invention de la nouvelle chose à venir vendre à Lambda. Histoire nouvelle, contemporaine, parce qu’on frôle l’écueil. Lambda se remue dans son lit, tète son pouce, soupire avant l’éveil. On n’est plus la merci d’un raccourci de trop, soit-il propice à faire rentrer un choc de civilisations dans une baston de rue, un combat de chiffonniers, comme un bateau dans une bouteille.

Il parait qu’on envoie les labos et leurs armées en blouses blanches faire le ménage chez les zoulous, sur fond de numéros de claquettes. Passer l’aspirateur sur des nids d’acariens qu’on voit révélés en zones de couleurs enfin délimitées sur le fond satiné des cartes. On les voit affairés aux bombes aérosol, par vision satellite, un plumeau dernier cri à la main, et l’ennemi du quotidien rejoindre la poussière, en images vertes et nocturnes, soudain précipité au fond des éprouvettes, prisonnier de la sphaigne. En état transitoire. C’est ce que j’en dis. Il faudra bien me croire.

Mais avant de changer l’état des choses, il faudra qu’il y ait des choses. Il faudrait du fil à retordre, qu’il aura bien fallu détordre, effilocher et barbeler. Mon boulot, c’est de le fabriquer. Faire pour demain ce qu’il faudra changer. De ma place attitrée sur le bureau oblong, derrière mon gobelet de café, j’apprends à désapprendre. J’enseigne au néant. Et par spots ou par flashs, je donne à le savoir. Chaque chose à son prix. Après avoir fait de la publicité par les informations du soir, ma meilleurs des idées, c’est mon information qui passe par les publicités. Se concatène. Se multiplie. Et d’ici, tout ce qui est répété, prend valeur de réalité.

Enfin, on y apprend ce qu’il se passe de vrai dans le monde et la seule trace laissée par ce qu’il demeurera important de retenir. La vérité des dictons ancestraux. La phrase prononcée par la nature des choses. Les oiseaux peuvent disparaître de la surface du globe, il faudra bien faire la guerre aux tâches superflues, la chasse aux dépenses excessives, que tout soit propre et net comme une nouvelle cuisine, comme nouvelle voiture, comme une nouvelle femme, même s’il faut chercher pour y parvenir de l’aide auprès d’enzymes gloutons qui laisseront nos amoures et le reste dans un drôle odeur d’huile de paraffine, et les mains douces et propres.

La cérémonie amorcée, le maître se rassoit. Il a parlé. Il a lancé les chiffres sur le manque à gagner, des projets de potence, des programmes de gibet, le plan des piloris. Faire dix mille fois plus d’argent en vendant dix fois plus chers dix fois plus d’objets dix fois moins nécessaires et dix fois moins durables à dix fois plus de monde. L’équation parle d’elle-même. On ne peut pas faire plus simple. A ce prix là, le crime c’est de ne pas céder. Ne pas acheter, déjà, c’est du vol. Et ne pas vendre, chers associés, sera passible des même peines que la non-assistancee à personne en danger. C’est désormais en alinéas au contrat social, en lettres capitales.

Mais, j’ai beau acquiescer, applaudir bras croisés par sourires convenus, sous les pluies de pétales de fleurs télédiffusées, sous le travers des regards biaisés, je peux anticiper un certain creux dans l’inspiration avenir, peut-être conséquence d’un trouble dans le fond, dans le vase. Planant au-dessus des masses et des mots qui font le monde comme le jet privé d’un club de mannequins. A s’occuper en découpant le ciel selon les pointillés, à dispenser des conseils en mode de vie, privée, des psychologies d’entreprises à la réclame, j’aurais pu y gagner à savoir m’injecter.

Même sevré ou vacciné, m’inoculer dans la veine du temps. Et même au-delà des formes de représentations, des apparitions divines, consommer pour exister, dans le paradis fait de l’avoir, de l’envie, des satisfactions à vendre, en plusieurs format, victime consciente des satisfactions de la reconnaissance et toutes ces conneries. De la beauté. De la luxure. De la culture. Du style de la vie. Donner de l’amour. Ou bien, j’aurais pu me coucher, autrement.









notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

textes

15-04-2008
Verticales
- James Benoit

24-12-2007
Reptile - 6 - Lentement, comme de lui-même.
- James Benoit

10-12-2007
Reptile - 5 - Les discussions font encore rage.
- James Benoit

28-11-2007
Reptile - 4 - On ne fait pas ce qu’on veut.
- James Benoit

19-11-2007
Reptile - 3 - Un peu de tout et n’importe quoi.
- James Benoit

6-11-2007
Reptile - 2 - Direction est donc prise.
- James Benoit

13-06-2007
Reptile - 1 - Sur les photographies.
- James Benoit

15-01-2007
Amoures propres.
- James Benoit

15-12-2006
La mélodie des dieux.
- James Benoit

5-02-2006
Animal de foi.
- James Benoit

Conception et réalisation Homo futuris