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L’empreinte - 4 - L’attraction terrestre.





 

Une nouvelle demande après une réponse, et la greluche ornementée s’en retourne à ses pensées. Rien ne s’arrête jamais. C’est un mythe. Même quand on dort, quelqu’un se lève.

Après les choses sans fond qu’on fait pour ne pas se faire remarquer, sans y penser, même, ou parce qu’on nous l’a dit, il y a les choses qui ne se font pas, et malgré nous, et malgré soi. Elles s’élèvent déjà comme victorieuses, brillantes à l’horizon, pour se faire remarquer, d’éclats de verre, d’éclairs de génie, d’éclairage cru comme du vinaigre. Après la sécheresse et la dose, et le dessert.

J’aurais le verre au bord des lèvres pour m’apercevoir qu’il est vide, ou qu’une dernière goutte issue de la fonte d’un glaçon y colle encore au fond, me nargue, et m’énerve. Je retourne le verre à la verticale, au-dessus de ma bouche, le secoue, mais elle restera là, plantée, jusqu’à minuit. Et de la nuit, jusqu’au matin. Soutenue à la voûte épaisse par une force brute qui s’oppose à tout. Surtout au naturel.

Mais j’ai soif, encore plus que jamais. La soif. Seulement, pas de cette goûte, pas seulement, elle qui s’accroche à ce qu’elle peut comme je fais aussi bien à tous les bords de table, mais soif d’action, de vérité, soif de danger, soif de parler à une porte entrouverte avec une tête et des bras pour m’enlacer et un disque argenté pour y tourner la clef, de quoi comprendre que je m’entête, soif de moi-même.

C’est aussi l’une des fins possibles. Aussi la fin des possibles, comme fermer une porte c’est s’ouvrir un chemin. Et à ces fins, il faudra bien qu’à l’avenir je passe une nouvelle commande, un verre, pour voir, ou, définitivement, que j’emporte la note flâner avec moi jusqu’au prochain bus, pris entre une lumière trop forte à aveugler les chiens sur mon passage et un précipice juste à la dimension de mes semelles, laissant une somme ici sur la coupelle, de quoi payer d’avance la discrétion de chacun, et sommes toutes envoyer mon barda s’échouer sur une banquise au coin d’un lavabo qui dort aussi chez moi. Entre ciel et terre.

Et moi comme écrasé par la pression des possibles qui s’accumulent dans l’espace restreint de ma vie, d’analyser platement la chute des corps, comme des pierres qui tombent du ciel et qu’on retrouve au jardin dans un petit cratère, l’un dans l’autre, qui s’entrechoquent plus ou moins mollement, avec plus ou moins de grâce, de poids. Et l’attirance mutualisée. L’assurance de marquer. Une cage d’ascenseur bloquée entre deux étages parce qu’une mère plus pressée que tout autre a tenu au dernier arrêt à s’y tasser avec tout le monde et emporter avec elle, on l’aura pourtant prévenue, son petit dans les bras et la poussette avec, et que sans cette satanée poussette articulée, on serait déjà au rez-de-chaussée, dans la rue, au grand air, détendus.

Mais la mécanique est enrayée. Les pieds n’atteignent pas le sol. Pas moyen de marcher. Mon siège est trop haut. Mes jambes sont trop courtes. Et j’ai beau m’agiter, on me tient en hauteur. Sans ça, sans doute, j’aurais su créer une ouverture, ou la fin des hostilités. Peut-être même que j’aurai traversé la salle d’un bond souple, à bon escient, vers l’autre table habitée où une paille fait danser un groupe de glaçons.

Au fond, il faudra bien tromper la vigilance. Condamner une option, ça ou ça, et libérer de ce fait l’espace d’un jeu. De quoi bouger une main. Créer par là un vide peut-être suffisant, satisfaisant, pour permettre à l’une des autres options de se frayer un chemin, un tunnel, passer la tête. Couper un lien, comme celui à sa mère. Couper un lien qui retient et qui empêche de descendre de ses bras pour courir traverser la rue au milieu de la circulation des voitures, et jusqu’à ceux de sa femme, de ses enfants, de son boulot qui n’attend que soi, de ces week-end au soleil au bord de la rivière sur une nappe à carreaux. Et commander à boire pour étancher sa soif.

Traverser la salle comme sa vie, comme le moustique qui franchit la route au moment où le bus défie le temps à pleine vitesse sur l’autoroute, et croiser dans la lumière des phares, un instant seulement, le regard du chauffeur effaré de sommeil et d’ennui, effaré comme on se tient bien après minuit devant un téléviseur mal éteint quand une femme en rose va répondre à la question qu’on lui pose, juste avant de me pulvériser sur son pare-brise. Et puis couler en jus dans le battement des essuies-glaces et descendre au long de la carrosserie jusqu’au sol, sur la terre, naviguer parmi le goudron, l’humus, les corps célestes.

Il faudra espérer que quelque chose à notre insu s’immisce dans notre vie malgré les frontières qu’on se met, les milices qu’on active, les peurs et les croyances, les superstitions, les lois, les maladies, les religions, et des histoires, et des histoires... j’en passe. Quelque chose qui défile ou qui coule et moi qui m’y délaye, et qui, à travers, filtre comme le fait le lait dans du papier buvard, et finit par imprimer sa teinte à un endroit de notre peau que le soleil n’atteint pas.






notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

textes

15-04-2008
Verticales
- James Benoit

24-12-2007
Reptile - 6 - Lentement, comme de lui-même.
- James Benoit

10-12-2007
Reptile - 5 - Les discussions font encore rage.
- James Benoit

28-11-2007
Reptile - 4 - On ne fait pas ce qu’on veut.
- James Benoit

19-11-2007
Reptile - 3 - Un peu de tout et n’importe quoi.
- James Benoit

6-11-2007
Reptile - 2 - Direction est donc prise.
- James Benoit

13-06-2007
Reptile - 1 - Sur les photographies.
- James Benoit

15-01-2007
Amoures propres.
- James Benoit

15-12-2006
La mélodie des dieux.
- James Benoit

5-02-2006
Animal de foi.
- James Benoit

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