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L’empreinte - 3 - La simple idée des limites.





 

Encore un instant, et sans un doute je m’y fierai. Je m’y prendrai, comme au jeu, comme à traverser un ravin sur une corde, large comme une autoroute, tendue entre les rives, qui se balance de l’irréfutable à l’éventuel. Au fil du vent. Même à genoux, si j’ai le vertige.

Comme réponse, voilà ce que je soufflerai d’en bas à la greluche qui bave aux entournures, plate et carrée, et virant sur les roses. Un point c’est tout. Mettre un point à l’histoire. Un point d’honneur à terminer ce qui est commencé. En suite, bravo. En suite, merci. C’est normal. Y’a pas de quoi. Mais pas parce qu’une nouvelle page de réclame pour ustensiles de cuisine vient d’être tournée à l’écran, comme dans nos vies, comme dans la mienne. Pas parce qu’on revient mettre le sujet sur le grill alors qu’il jette déjà tout son jus dans les braises et qu’il implore ébahi qu’on lui dicte ce qu’il doit enfin parjurer. Pas parce qu’une bille de clown vient de nous annoncer que ta mère est morte en quatre tiers de compassion et un coup de chiffon, non.

Je me dirai que c’est ça, et rien d’autre, et qu’il faudra bien s’y faire puisque c’est. Je repenserai à nos rires, toujours envisageables, et à nourrir les possibles avec des graines pour les moineaux, comme la vieille dame fait dans le parc pour les pigeons. Je commencerai à me raconter une histoire qui serait la mienne. Fil conducteur à suivre en série d’épisodes liés par un point commun, même si les lieux et les décors et les acteurs ne sont pas les mêmes. Ou une corde qui guide Thésée, ou Jennifer, dans le labyrinthe et qu’on suit, battu des réflexions à mi-chemin, des décisions tranchées, et moi, là, sur la voix d’une sentence à donner, épée sur la tête, un truc qui pend au nez, finalement. J’avance bien à genoux. Sujet au vertige des possibles. Exactement.

Parce qu’il y a cette peur. Il y a. Cette frayeur imprécise, irrépressible, toute tournée vers l’intérieur. Peur de mal faire plus que de faire mal, aveugle comme une colère, et qui à mettre des entraves passe pour une science. Elle m’aura serré au ventre plus fort que l’étau des migraines, m’aura mis à terre plus de fois encore que les coups de poings assénés sur les petites gueules ouvertes. Elle n’aura pas été exemptée par erreur. Libre d’aller voir ailleurs si j’y étais. Exempte des violences, et des vérités. Elle ne m’aura pas épargné ses sarcasmes à minuit dépassé quand bien tapi dans l’ombre j’attendais sans un mot que le monde s’ouvre à moi.

Parce qu’on n’est jamais qu’un être, parmi d’autres. Et toutes les connexions qui s’en suivent. Que là-dedans, et quand ça remue, on ne sait jamais très bien où on se situe. Pas avec précision. Avec des choses à faire, des envies à comprendre, et des idées à creuser, toujours comme ça tombe. Comme ça tombe. Et mon identité, à construire, encore et encore, inlassablement, en digne partisan, en digne artisan qui retourne à sa pièce d’ouvrage et lui donnera le poli des ans.

D’abord, arranger des structures. Des souvenirs personnels, des contes pour enfant, des fables politiques qu’on se raconte le soir en s’endormant. Composition en gratte-ciel. Des étages ouverts sur un pilastre métallique et qui s’élèvent, couverts d’indiens qui chantent sur les poutrelles, en pleine action. Et le marquage au fer des applaudissements comme des huées. Le traumatisme d’une trop forte joie ou le profond malheur qui s’en suivit. Des récits qui s’entremêlent au rêve et qu’on apprend par cœur tout en les découvrant, en les récitant aux autres. Au je. Ce que je suis. Ce que tu fais. Attention, quand même.

Arranger ma mèche de cheveux et me lever, pour marquer le coup. Bouger mon cul de la chaise, dans l’idée d’aller chercher une fleur des champs au fleuriste du boulevard, assez vite pour être revenu avant que quiconque ait remarqué ma disparition, avant même que ma fumée se soit dissipée dans l’air, et glisser jusqu’à la table de la fille, là, sans trébucher et sans tousser, lui dire bonjour au passage, avec des mots venus des dieux qui feront de moi son heureux. L’inviter dans la danse.

Pas à pas, tout maîtriser, mais surtout sans le savoir. Parfaitement. Exactement comme on valse, oublieux des années d’apprentissage. Libéré du développement et des suites, comme si je déroulais derrière moi un tapis de points finals. Définitifs. A plat, sur le sol, comme une nappe pour une fête sans solennité, un pique-nique au coin des bois, des fleurs. Sans même me sentir présent, et rien que le clapotement de l’eau dans la rivière à côté. Et elle, toujours à touiller sa paille dans son verre sous une ombrelle dorée. Vivre au milieu de tout, et ce quand les choses se racontent d’elles-mêmes et qu’on se penserait à l’instant atteint par la grâce des cieux, grâce au simple poids de la terre qui nous tient là et nous accueille, puissamment. L’attraction terrestre.

Oui, j’ai soif. Soif surtout. Je le sais. Qu’on m’abreuve de l’ivresse et du liquide. Comme si je sortais d’un désert. Comme si je pouvais encore en sortir, gorge serrée à m’étrangler sur le seuil. Déjà tellement noyé d’images, nettoyées de ma propre vie, qui se réfracte aux entournures que je n’ai plus d’allure, que je vire sur les roses. Que l’alcool, ou la vie, me coule dans la gorge, et coule en moi, en cascade douce-amère, et jusqu’à m’y dissoudre, et emporter avec, à s’enfoncer dans le sable, tout ce que j’ai pu prétendre à propos d’un bus.






notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

textes

15-04-2008
Verticales
- James Benoit

24-12-2007
Reptile - 6 - Lentement, comme de lui-même.
- James Benoit

10-12-2007
Reptile - 5 - Les discussions font encore rage.
- James Benoit

28-11-2007
Reptile - 4 - On ne fait pas ce qu’on veut.
- James Benoit

19-11-2007
Reptile - 3 - Un peu de tout et n’importe quoi.
- James Benoit

6-11-2007
Reptile - 2 - Direction est donc prise.
- James Benoit

13-06-2007
Reptile - 1 - Sur les photographies.
- James Benoit

15-01-2007
Amoures propres.
- James Benoit

15-12-2006
La mélodie des dieux.
- James Benoit

5-02-2006
Animal de foi.
- James Benoit

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