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JOURNAL I
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La chose en question, III.





 

Pleine d’incertitudes, elle avance vers la vérité. Sincèrement, les bras ballants, les pieds englués, bouche bée, elle ne dit rien. C’est comme autant de dards pointés vers son nombril et qui la dépossèdent de son plus intime bien. Strip-tease à cœur ouvert. Mais elle voudrait s’enfuir ou se cacher d’abord. Peine perdue. Peu de couloirs. Elle se voudrait petite fille dans les girons, pas la grande dame à corolles qui danse sans petite culotte. Retrouver un peu de la dignité chère à son intelligence, sa discrétion précieuse, amère et sombre, de femme qui a son histoire.

C’est qu’on la tiraille, qu’on l’éclaire, qu’on la réclame encore. On lui veut tout. Elle veut y échapper. Et le droit de ne pas avoir d’avis sur la question. Et qu’on ne la lui ait même pas posée. Et rien de tout ça. Rentrer chez soi, à l’ombre. Elle irait bien jusqu’à refuser d’être née.

Mais voilà, un tube en métal coudé, dressé depuis le sol, avec carré de mousse expansé pour l’assise, et le doute n’est plus permis. C’est la fin des perspectives. On la tient, à peine du bout des yeux, dans sa petite cellule vidéo, son cachot de lumière que des starlettes envient. Et sous l’angle des caméras, l’espace de liberté suffisant que nécessite le moindre doute ne tient plus qu’au fond de soi. Son propre nom, peut-être, qu’on rabâche. Qu’à force, il ne veut plus rien dire.

La liberté, ce qu’on en dit, c’est de savoir refuser. Il se pourrait qu’elle reste là, pour un temps d’antenne, à le remplir du vide qui manque à sa palette. Il se pourrait qu’elle prenne la liberté de se taire, plutôt qu’un oui, plutôt qu’un non. Comme si manifester de ne pas être pouvait être une raison d’être suffisante à tout.

Acte de résistance. Elle pourrait s’envoler, disparaître, s’évanouir dans un pli de l’espace, et les sursauts du temps. Annoncer à son corps défendant la fin de l’information et la victoire du firmament. Auréolée de néant, elle pourrait encore sauter au cou de l’animateur, et l’enlacer, ou l’égorger, et faire sauter la baraque, ceinturée d’explosif. De l’anarchie à la télé, comme pas vu depuis des années. Belle et ténébreuse. Elle porterait pour des siècles le même nom qu’une étoile, constellée.

La liberté ou la mort, en voilà une question. Mais la question ne se pose pas, elle ne lui est pas soumise. C’est elle, là, qui est soumise à la question. On attend qu’elle expire. Et puis, elle ne ferait penser personne avec du manque de mots. Et puis, il ne faut pas rêver, le doute ne fait pas gagner de temps. Ce n’est pas même la venelle de traverse, le chemin escarpé qu’on espère voir rejoindre les grands réseaux autoroutiers, après avoir pris le maquis, et rentrer dans le rang.

Les siècles n’existent pas. La vie file à des années lumières. Elle ne permettra pas que l’ombre d’un doute la dépasse. On l’écarte à coup de semonce, à la machette, à coupe tête. On débroussaille. Il faudra être sûr, maintenant, certain de tout, au fond du moi. Des champs d’action bien définis. Ou bien savoir laisser le haut de l’affiche à ceux qui savent, les étoiles guides, certains au moins de ce qu’ils veulent. Aux convictions religieuses. Aux révélations politiques. Aux attentes de villas avec piscine après avoir longtemps gratté au loto. Tout là-haut.

Ici, les choses se passent comme si nous étions nés porteurs d’une question à laquelle il nous faudra répondre. Ou la mener à terme, en faire le tour serait dire beaucoup. Mais déjà que la vie est courte, alors. En vérité, il y a l’étoile, la bonne, cette certitude interne qui est sensée nous pousser, à tort ou à raison ; ou il y a les prisons. Voilà sa réflexion. Peut-être sa réponse. Lâchée au nez de tous. A la langue pendante.






notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

textes

13-03-2008
Colloïdes.
- James Benoit

16-02-2008
Autre chose - 2 - Ca va se savoir.
- James Benoit

20-01-2008
Autre chose - 1 - Il faut l’avouer.
- James Benoit

15-10-2006
La Nation, La Banlieue d’Eden.
- James Benoit

15-09-2006
Silencieusement.
- James Benoit

8-10-2005
Tel.
- James Benoit

6-08-2005
Des raisons d’agir.
- James Benoit

1er-04-2005
Depuis l’aéroport.
- James Benoit

5-06-2004
La chose en question, VI.
- James Benoit

1er-04-2004
La Chose en question, V.
- James Benoit

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