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... je vous prie ...





 

Une canicule froide s’abat sur le monde. Trempée de suif, de sueurs amères. Liquide noir d’encre que recracheront les poumons sur la chair d’un mouchoir en papier.

Elle déferle en rafale, à hauteur de talon, avec l’orgie prégnante de ne rien dépasser sans l’avoir mis à terre, sur les planches, harassé. Des cendres, on respire. Des saisons qui prétendent refondre les poètes en assassins. Et on la voit passer de l’un à l’autre, bousculer rien qu’au toucher, et frapper, d’un coup dans le sternum après s’être dorée des heures sous perfusion. Dans un verre d’eau, on se consume, mais on la sent, à l’intérieur, muter des élans affectueux aux thromboses des artères.

Pendant que sur la pente, d’est en ouest, le soleil roule ses mécaniques dans les branches des pins parasols, crame, fait le paon tant qu’il est temps et tombe des femmes comme des quilles, des remords circulaires glissent au raz du sol, oscillent, pendules, et jonchent les cailloux d’horaires sans rendez-vous. Affairée à sculpter son corps dans la boue, l’une d’elle cherche son reflet dans le miroir de l’eau mais n’y voit que des loups.

L’attente a rendu les chiens féroces, craquelle les écorces, à vif. On ne se remettra pas de la vie, c’est sûr. Et les amours qui n’ont pas eu de prises, à l’ombre dépouillée des derniers sycomores, sur les lattes d’un banc, blanc, cherchent un souffle nouveau, à défaut, l’air de rien. Des morceaux de leur vérité parmi les éclats de rire. On voudrait des fontaines qui jaillissent des profondeurs du sol et inondent les brindilles à travers la forêt. Même une pluie chagrine qui changerait de la sève qui parsème et cramponne, partout. On souhaite aussi que le soir vienne vite, sans le voir arriver. Qu’on étende un drap sur tout ça.

C’est que, s’il se fait tard sur nos idées communes, nos bonnes intentions ne se sont pas couchées. Nous travaillons toujours au pavement. C’est qu’une question d’emploi du temps, embarrassée de goudrons, aura pris de la place. A remplir des carnets à spirales. C’est que le vent, à force d’être brassé aura du s’embraser sans même qu’un éclair de lucidité nous arrête en bon train. Nous sommes en retard, c’est un fait. C’est que les corps sont fatigués de s’être un peu cherchés, et qu’ils se laisseraient bien aller à l’électricité.

Juste là, un peu en retrait, encore à l’ouvrage, à la lisière, une main malhabile fouille dans les fougères comme dans les souvenirs. Il se pourrait bien qu’elle fasse la rencontre passagère d’une motte de terre meuble dont on recouvre les boites ou bien la découverte d’un instrument préhensible. Une poignée de porte. Un poignet à saisir. Ouvrir. Et pourtant.

Pourtant, auprès des belles paroles à entendre, et aux coins des lèvres où on pense encore trouver une illusion d’humidité, la vieille flamme qui nous somme referme doucement le volet sur un désert de lavande parsemé de cyprès. Et du silence. A l’intérieur, on prie. Il y avait un jardin, un balcon et une table sur laquelle quelqu’un avait dressé le décor d’une fête. Paroles de givre au coin des lèvres gercées. Rideau.

Nous exécuterons les ordres dans l’urgence, de proche en proche, mais l’ordonnance est sans appel. A cette heure, même la rivière s’est tue. Seule la cigale pérore, droite, sur un tas de braises mortes, les jambes pleines de raison, pleines du chant du monde qui s’en va en alcools, en fumée. Sans un mot, sans un signe. Elle nous laisse seules. Mères sans pères. Grosses d’espoirs et des sanglots.

On devine qu’il y aura une arrière-saison, et, au-delà de l’eau, d’autres entêtements. La lande ravagée s’offre à tous les certains. Dessinées d’un trait, sous la ligne d’horizon, de nouvelles constructions caressent d’offrir, en dur, un lit pour des amants, comme on connaît, préposées à l’acquis, des ornières sans buisson qui feront des ravins.






notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

textes

15-04-2008
Verticales
- James Benoit

24-12-2007
Reptile - 6 - Lentement, comme de lui-même.
- James Benoit

10-12-2007
Reptile - 5 - Les discussions font encore rage.
- James Benoit

28-11-2007
Reptile - 4 - On ne fait pas ce qu’on veut.
- James Benoit

19-11-2007
Reptile - 3 - Un peu de tout et n’importe quoi.
- James Benoit

6-11-2007
Reptile - 2 - Direction est donc prise.
- James Benoit

13-06-2007
Reptile - 1 - Sur les photographies.
- James Benoit

15-01-2007
Amoures propres.
- James Benoit

15-12-2006
La mélodie des dieux.
- James Benoit

5-02-2006
Animal de foi.
- James Benoit

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