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Le jour prochain.





 

Ce n’est pas la peine de me regarder dans le blanc des yeux en attendant des gestes. Je te laisse à ton désarroi qui ne vaudra pas mieux que le mien, à bout de compte. Nous le comprenons lentement aujourd’hui, et ensemble, la fin du monde est très certainement derrière nous.

Nous nous attendions peut-être à des déluges de flammes, des raz de marée, la perte de la lune dans notre orbite vers le fond froid du vide sidéral, l’extinction du cœur de la terre dans une explosion nucléaire exterminatrice, une épidémie foudroyante cachée sous un rhume, des crimes en série, et toutes les sortes d’événements chaotiques qu’on attribue traditionnellement aux apocalypse, quelque-chose d’un doigt vengeur qui crèverait la voûte. Mais, force est de constater que l’heure a sonné, et que rien ne s’est passé.

Midi tapant au jour du jugement, des choses se passent toujours, évidement. Il y a des guerres, parfois de religion, des avions qui s’écrasent, des gens qui tombent du ciel sur le tarmac de la cité. Mais rien que de très naturel dans notre histoire, même si on n’a de cesse de se raccourcir la mémoire. On se souvient d’autres hécatombes, et puis des jours heureux sous la tonnelle du jardin, avec l’ami Pierre qui joue du saxophone au grenier de la maison voisine et qu’on entend par-dessus la haie d’épicéas.

Il y avait de quoi faire. S’entêter à la fenêtre à guetter la comète ou conjurer le sort en crachant à terre. Punir son prochain pour le passé qu’on nous a laissés. C’était pas ma faute, non plus. Je ne suis pas né d’hier, mais je suis né plus tard. Je n’ai pas milité pour la disparition du sens, de la direction ou du chemin. Moi, je voulais faire quelque chose. Je n’avais que ça en tête. Je voulais faire l’amour, avoir des enfants, un père à qui me référer, un métier pas trop sot pour passer mes journées à porter mon caillou à l’édifice. Pas trop gros, non. Des journées à sourire de béatitude comme si j’avais une nouvelle voiture. Et puis le jour prochain.

J’avais rencontré des femmes à aimer, même si ça n’a jamais marché. Après tout, chaque chose en son temps. C’était pas le moment. C’est tout. Mais il faut que je te dise, au fond, j’en avais déjà un peu raz le bol d’attendre. C’est un peu comme le lait sur le feu, je veux dire le lait des vaches, tu le guettes, il est froid, et tu attends pour te servir. C’est ça, et c’est tout. Tu le sais, quand que tu détournes tes yeux il déborde. C’est comme s’il le savait, et il sait que tu sais, et qu’il jouait avec ça. Bien entendu, un jour, j’ai du finir par ne plus faire cuire de lait. Il y même d’autres choses que j’ai arrêté, un peu comme ça, un peu autrement. Mais plus maintenant.

Il faut dire que nous nous attendions au pire. De là à dire que nous l’avons désiré, il n’y aurait qu’un court abus de langage. On sait, des fois, ça révèle. Mais rien n’a changé. C’est vrai. Même pas l’homme. Même pas ta mère. Et nous le comprenons, aujourd’hui, ensemble. La fin du monde est derrière nous. Et ce n’est pas le pire.

C’est une tache, quelque part derrière les habitudes, qui assombrit notre quotidien, aux levers, aux déjeuners, aux dents à brosser pour se garder du tartre qui nuit à l’émail, à ouvrir sa boite aux lettres pour récupérer les publicités, aux coups de téléphones, aux bonjours au concierge, les uns derrière les autres. Le comprendre. Encore et encore. Jusqu’à, peut-être, le savoir.

Pas de collision cosmique. Pas les accidents, les heurts, la brutalité, celle-ci a toujours été génératrice de vie et d’améliorations, à tout froisser, on le sait, faisant franchir les pas à l’infranchissable, faisant de la place pour ce qui se doit d’arriver, et lui donnant encore l’impulsion nécessaire pour venir. Allant jusqu’à amener l’univers à être ce qu’il est. Calme et harmonieux, même. Allant jusqu’à favoriser l’apparition de l’homme. La mienne, la tienne. Et tout ce qui s’en suit.

Non, rien. Il n’est rien arrivé et il n’arrivera plus rien, et c’est ce qu’il y a de pire. Tout ceci n’aura pas de suite. Tout ceci n’aura pas de fin. J’irai regarder la mer déchaînée cet hiver et j’aurai une invitation pour le concert des Stokes. Ce qui pouvait nous arriver de pire, c’est que plus rien ne nous arrive.






notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

textes

15-04-2008
Verticales
- James Benoit

24-12-2007
Reptile - 6 - Lentement, comme de lui-même.
- James Benoit

10-12-2007
Reptile - 5 - Les discussions font encore rage.
- James Benoit

28-11-2007
Reptile - 4 - On ne fait pas ce qu’on veut.
- James Benoit

19-11-2007
Reptile - 3 - Un peu de tout et n’importe quoi.
- James Benoit

6-11-2007
Reptile - 2 - Direction est donc prise.
- James Benoit

13-06-2007
Reptile - 1 - Sur les photographies.
- James Benoit

15-01-2007
Amoures propres.
- James Benoit

15-12-2006
La mélodie des dieux.
- James Benoit

5-02-2006
Animal de foi.
- James Benoit

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