ACCUEIL JOURNAL ROMAN.COM CARNETS

 
LA BALLADE DE L’HIPPOCAMPE
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .
  .

43





ACTE IV : TOUT VA MAL.

Amandine - "Ma chère Amandine, je profite d’une grève des postes pour t’écrire car voilà quelque temps maintenant que nous ne nous sommes pas vus." - Tiens, une surprise...

Justin - "Justin, je sais ce que tu vas penser, mais je ne t’écris ni pour officialiser notre rupture ni afin d’obtenir une réconciliation. Seulement, il est temps de tirer les choses au clair, tu ne crois pas ?" - Comme c’est drôle...

Amandine - "J’ai eu de mauvais mots, je l’admets, mais ce qui est dit est dit. A quoi servirait-il que je m’excuse ? Tu n’auras, de toute façon, retenu, je le crois, que ceux que je pense le moins... ce que j’ai dit le plus fort." - Misérable !

Justin - "Ce que je ressens pour toi n’est pas une haine profonde, ni même un amour sincère, bien au contraire. Il faut que tu comprennes que notre relation ne me suffisait plus... De plus Nicolas est très gentil et nous allons nous fiancer. Tu seras invité bien sûr." - Ha, la sal...

Amandine - "Je ne me soucie pas de ce que tu penses de moi. Le fait que nous ne nous voyions plus ne me signifie rien, à franchement parler. Mais je me sens, de fait, un peu de trop. Je suis conscient qu’après ces longues semaines de silence, tu seras encore la seule fille devant laquelle je serai contraint de baisser les yeux. Quelque part, j’ai sûrement tort..." - Et bien, c’est pas si difficile.

Justin - "Je sens que cette coupure dans nos relations nous fait du bien, et que si elle n’est pas définitive, nous repartirons sur de très bonnes bases amicales." -Il ne manquerait plus que ça !

Amandine - "Je trouve néanmoins que ce silence est idiot, il est vrai. Mais que ne puis-je garder d’autre, dans la situation actuelle ? Malgré l’envie qui me pèse de nous entendre à nouveau et de... de patata patata, gnagna gnagna... je ne sais que te dire, sinon que tu me manques." - Voilà encore beaucoup de mots pour si peu dire.

Justin - "Je sais que tu appelles ça "des protocoles" Et pourtant, sache que les mots qui font du bien, il ne faut jamais arrêter de les dire. Même s’ils masquent des vérités plus profondes. Le fait qu’ils soulagent simplement est le principal." - Mais, c’est complètement con !

Amandine - "Je ne sais pas si tu te rends compte à quel point l’effort de te dire une telle phrase me coûte... combien il faut que je me courbe vers cette vérité qui te sera accessible." - Quel homme !

Justin - "J’ai bien réfléchi ces derniers temps. Ce recul m’a été vraiment bénéfique." - J’en suis forte aise.

Amandine - "Mais enfin. Entre nous il n’est de toute façon pas question de passé. Il n’a jamais été question que d’un présent, et en acte. Il est vrai que nous ne pouvions pas continuer dans cette voie... mais si j’avais souhaité qu’un changement se produise, j’aurais sans doute préféré qu’il transforme notre histoire en une Histoire, peut-être... une histoire d’amour peut-être." - Le menteur, c’est facile maintenant !

Justin - "Alors, admets au moins que notre relation était sans issue. Tu auras beau rejeter toutes les fautes sur moi et accumuler les marques de mauvaise fois, tu n’en demeures pas moins un homme marié et irrespectueux de sa femme. Et ça me rend très mal à l’aise." - Ah bah pire !

Amandine - "Je sais bien qu’au fond de toi, tu es jalouse de ma femme. Pourtant, sache que je ne fais que lui parler, lui mentir, le dos tourné, et sans oser lui dire... La seule histoire que nous ayons est un souvenir en commun et une énorme gêne de ne pas se le rappeler. Rien." - Tragique.

Justin - "Tu n’es pas un homme raisonnable. Tu peux fonder une famille, avec ta femme mais tu fuies dans mes bras. Il est temps que tu réalises où est ta vraie vie." - Effectivement, c’est très réfléchi.

Amandine - "Quelle que soit l’image que j’ai pue un jour représenter pour toi, je sais qu’elle est, à présent, décomposée et que si nous revoyions, rien ne serait comme avant. Je ne t’attends pas. Je vais divorcer et vivre seul... Seul et sans amour." - Pauvre chou.

Justin - "Tu as toujours secrètement cherché à me faire te détester, mais je ne tiens pas, moi, à ce que tu m’écœures. J’ai préféré partir, un peu, et je suis tombée amoureuse de Nicolas, simplement. Je n’aurais plus aucune honte ni aucun remords si tu préfères maintenant que je te dise... " - Alors quoi ?

Amandine - "Je ne crois pas que ton vétérinaire en est la cause, mais plutôt que c’est la seule fin possible... Quoi qu’il en soit, si tel est le mot que tu attends, je te le donne sans complexe, sans espoir et sans aucun remords : ..." - Vas-y.

Justin - "... adieu. Signé Amandine." Bien, t’as raison...

Amandine - "... adieu." - Et c’est même pas signé.

Puis, chacun repliant calmement sa lettre et la rangeant dans son enveloppe, le rideau de referma. On entendit le froissement du papier dans une poche de Jogging, le glissement des pas feutrés vers les coulisses et le soupir amorti de Justin qui se tut. De la salle inondée de larmes parvinrent les premiers gémissements, les premiers toussotements, les premiers applaudissements.






notes,

vendredi 2 août
Cahiers - IV

textes

2-01-2005
La Ballade de l’Hippocampe.
1973
- James Benoit

26-12-2004
La Ballade de l’Hippocampe.
72
- James Benoit

19-12-2004
La Ballade de l’Hippocampe.
71
- James Benoit

12-12-2004
La Ballade de l’Hippocampe.
70
- James Benoit

7-12-2004
La Ballade de l’Hippocampe.
69
- James Benoit

28-11-2004
La Ballade de l’Hippocampe.
68
- James Benoit

21-11-2004
La Ballade de l’Hippocampe.
67
- James Benoit

14-11-2004
La Ballade de l’Hippocampe.
66
- James Benoit

7-11-2004
La Ballade de l’Hippocampe.
65
- James Benoit

31-10-2004
La Ballade de l’Hippocampe.
64
- James Benoit

Conception et réalisation Homo futuris