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LA CHOSE À DIRE
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Première partie





Comme il y a cette Chose à dire... Certains m’en voudront... Beaucoup plus qu’il ne faut... Mais voilà, lecteur, tu n’es rien. Non. Pas encore. C’est juste dans les pages, une question de masse, qui se constitue... Note que dans la plupart des cas, les inventions du livre, l’Invention du Livre est consistante à l’épaisseur et au souffle des préoccupations insufflées aux acteurs mis en place, mots, rimes, personnages, rythmes, propos... Je parle en rond et tu sais tout cela, si ce n’est que cela, qui s’applique aussi bien à toi... tu entends ?.. Vide.. Le souffle inaudible de grandes enceintes branchées sur un ampli de faible puissance qu’on a au préalable poussé à fond.. Et même là, le vent reste au-dessus.. Ah, tu es à l’intérieur ; moi j’écris dehors.

C’est le soir quelque part dans le Sud, l’été.. attends ça se gâte : l’animation estivale des estivants pas loin.. j’ai tout dit.. une petite fête de camping pour préciser je crois, des tubes rajeunis des années 80, moi ça me ramène à mes premières clops, je ne sais pas pour toi. Enfin il n’est pas question de ça et les vieux éméchés comme les jeunes parents restent ensemble bien collés en dehors de la page, je vais les y laisser, mais pas trop, attends, sans passage pour le moment, j’en reparlerai des souvenirs de vacances, tu auras droit à la petite rédaction, des détails picotants et rigolatoires, oui oui ! Maintenant c’est ton tour de faire entrer, comme moi pour quelques lignes, des choses dont on ne pensait pas causer mais qui sont là, évidentes, inévitables, contre lesquelles parfois, justement, on saisit le livre.. exit !.. Ca dépend de ta vitesse d’écriture d’une part qui résume ce qui se passe alentour, vite, ou tout près, trop près même que ça te dérange, irritant, ou perturbateur, le petit élément, le mouvement ou le bruit, un agacement répétitif - comme l’assonance l’indique - quelque part assez proche, à proximité de la bulle de l’individu-lecteur. Mais allez tu as autre chose à faire et moi je n’attends pas tu vois je file ça défile on en mets tant qu’on veut et disant cela je veux dire la Chose...

Tu vois, je suis correct. Sur mon manuscrit je ne t’aurai pas laisser croire plus d’une page qu’il y en eût eu une à dire. Mais mille ? Non plus. C’est peut-être toujours ce crépitement dur, les simples bruits du corps qui s’écoute avec toute son attention, la vigilance de l’être qui s’écoute être, multitude de mouvements complexes nichés à l’intérieur de la supermachine.. une appareil électrique ou électronique, réveil radio-réveil téléviseur en veille, un truc en veille, je veux dire ce genre de petites choses quant on se pense au calme, préservé, en réserve, ou aussi bien le fait d’être en veille, en attente.. actif passif.. disponible.. prêt à.. branché mais non allumé, non fonctionnant mais fonctionnant parfaitement et aux ordre d’être en marche, chacun, chacun les uns le nez dans la nuque de l’autre, une longue file, une longue fille aussi mais plus tard, chacun les uns derrière les autres dans la longue queue d’attente prête à avancer au pas à différentes vitesses possibles.. la bande humaine molle se tient librement à portée, d’ailleurs à la porte d’un employeur de ces fonctions en réserve où tu te trouves actuellement, - actuellement il termine un café de machine, un petit-déjeuner avec croissants jus d’orange et confitures variées, œufs fromages hollandais à pâte dure, les thé café chocolat servis séparément chacun dans de jolis brocs décorés - il s’éveille librement, mais c’est autre chose, le premier comme le énième garde le fixe maintient devant lui, là, la porte qui va s’ouvrir, calcul des chances.. pas de hasard puisque ça n’est ni aux qualités ni au discours mais selon l’ordre... Et lui, ni toi, ni moi, lui qui est las, tâche ingrate pour une maigre contrepartie, quelques passe-droits, une mauvaise humeur de rigueur, de circonstance, sans se forcer c’est là la différence avec les amateurs.. Ceux-là, dehors, ils ne comprennent rien au système, critiquent tout juste pour dire qu’ils n’en sont pas de ce pain là, ne touchent pas à cette chose, y vont parfois puisque c’est obligatoire et qu’enfin en n’est pas libre sans ça, enfin, belle saloperie tout de même, nous si sagement tranquilles, si tranquillement rangés, symétriquement métrés, loisibles arpenteurs à l’affût, si dorénavant, mi Fasol à venir, la tendre rengaine la petite histoire des Hommes qui attendent leur tour qu’on vient de commencer sans savoir où elle va mais surtout de quoi part-elle et pourquoi d’abord des hommes faisant la queue devant une porte puisque ça n’est plus trop de notre génération de bouffeurs d’ondes.. mais pour l’envie d’en tuer un et prendre sa place, je ne dis pas pour prendre sa place, parfois, c’est obscur, à la fois les meilleurs et les pires crétins osent une fois.. contraires dos-à-dos.. faire place nette, j’écrase ayant plus ou moins réfléchi en somme aux hasards d’un même acte.. non.. l’intérêt pour le grand regard c’est ce qui se passe là-dedans, ça a lieu dans la caboche, le seul travail possible à mettre en branle au creux de la fille je le rappelle molle bande ; lourdeur volontaire, maladive, intellectualisation intuitivement sensible je le redis du néant narratif qui se veut chaos, je me juge au moment où tu en aurais ressenti le besoin, le réflexe de la lecture défensive, habitude qui vient de l’extérieur ça aussi, on la polie au fil des pages, fil file fille et la surenchère t’achète, lecteur. Hostilités recueillies dans l’humour, soutien toujours aimable de l’ironie et de plaisant non-sens et moult bien aisances ; vache grasse désormais de notre bel absurde de quincaillerie de libre-service, on s’aime à se l’attribuer.. esprit plus large, toujours plus, obèse, notre gros sein l’esprit à la profondeur insondable pour celui qui en use. Partie des bonnes manières.. Gaudriole des dandys du stylo, me voilà !

L’homme qui va ouvrir la porte, le voici. Il n’a aucun de ces humours et n’en recherche aucunement la société. Laissons cela, il va l’ouvrir cette porte à la fin, notre seule matière pour l’instant : décevante blancheur javellisée d’un pan de laque laiteuse garni à mi-hauteur et en son centre d’une poignée impossible à manœuvrer que de l’intérieur, porte d’entrée d’appartement, fer doré brossé mat, d’une rayonnante propreté.

Il fallait pourtant commencer. Dire la chose d’une manière ou d’une autre... Nous passons une écluse de lecture. Je le sens.. pour certains lecteurs c’est plus tôt.. Nous passons le muret des bacs remplis de bouquins plus ou moins neufs, auteurs parcelles, passerelles explosées, supernovae d’hypernovaes artificielles.. mises en branle successives, à la faveur du choix, des bons vouloir, fantaisie d’un homme derrière tout ça faisant la loi. On a pu en lire par centaines des auteurs, broder ainsi des centaines de centaines de pages de styles de descriptions d’actions de faits, surtout, surtout la profusion encyclopédique, géographique, bien mise dans le culturel, massive qui se devait d’exister pour de telles choses pleines de choses qui en reviennent toujours à une seule chose, qui se lisent comme j’écoute une station de radio qui me plaît, je crois qu’elle me plaît, en faisant autre chose ou rien, parfois un flash. Parfois souvent, par paquets puis rien, un certains temps, bref.. Non, pas de table rase, pas de coup de plumeau ; la vérité de l’après, ce qui reste.

Vérité dans le cul, le con, ce qui reste. Vérité dans une voûte céleste, dans maman, vérité pour toutes et tous, par abonnement.. mode véritatoires, les mots s’en foutent, se suffisent à s’enfuir, à quitter, vérité dont on ne reparlera plus. La file, la main de l’homme enrobant la poignée, de l’autre côté, allez merde on ne parlera plus non plus ni de toi ni de moi, ni du livre, la chose, plus de rien, ça continuera tout seul, seul sans la fête qui étouffe dans la nuit, les gens s’en retournent, les pires et les moyens terminent, la fin, la fin rendue plaisante sous le nom... Fond sonore inaudible ; rien à faire. Plus que le sexe qui réanime les morts. Gargouillis communs.. Odeurs des thèmes partagés, atomes chuintant. Mon vrai moratoire.

J’ai réglé la lumière, plutôt mal. Mais c’est assez pour y voir. Je vais écrire sur Anita. Pourquoi ce prénom c’est sans raison, mais tout un corps brun rendant le sable pâle. Elle se perd littéralement dans les tas rougis et bronzés de la plage peu poétique. On s’en approche, on ne peut plus s’y méprendre.. Anita est parfaitement rincée de soleil depuis toutes ses années... deux pièces d’un maillot bleu ciel aux bordures élastiques blanches, au milieu des corps plus ou moins gras dont certains s’effondrent, elle en prend un peu pour elle juste une idée sur les fesses, verticale, ce sont les formes qui s’éveillent ensuite, dix-sept années de renflements légers et de francs appareils féminins. Oui lecteur, c’est l’heure des Anglaises, des Hollandaises en nombre, Allemandes, Belges, Francoziches du coin et de Paris, Provinciales effacées et rares Espagnoles ; tableau de l’origine du Sud et la faim du Soleil, des jours abusés à ne faire que ça, la rincette et un peu de vagues et l’eau accélératrice sur les marques laissées par des maillots différents, c’est toute la subtilité ; et, et, l’amie, la copine, l’inlassable voisine de serviette, la Kelly, la Birguitte, des prénoms que je fais répéter, sons inconnus des langues hachées dans les cheveux blancs du Nord, jaune paille du bleu des yeux assortis aux familles de géants tous beaux comme des publicités étrangères sauvagement doublées en français, l’air éternellement empoté aussi, sujets photographiques d’idéals de mobiliers léger... Ca me fait presque oublier les jeunes d’à côté qui rentrent sans manquer de faire assez de bruit vers leurs tentes et caravanes, pacs de bières allemande, hollandaise et française sur l’épaule, soirées gueulardes, fausses beuveries, presque toutes les tentatives sont avortés ou ne se déroulent pas comme on croit, dégénèrent à l’envers, comme dans la réalité. Les femmes, les filles, les files, à la queue, on ne pense qu’à ça je m’offusque, ah non mais alors ! les filles de leurs âges cherchent à boire autant qu’eux, se bâtissent aussi solidement et dépassent le monde d’une tête passé quatorze ans et demi, enfants aux formes et galbes, musculatures élancées ; à vingt-cinq ans c’est la misère, elle s’écroulent à compte de neuf sur dix, se tordent à jamais en chemins de pénitence, d’autres massives lutteuses campées de graisses lénifiantes à demeure. Birg, Kel’, Ani, réunies, parlent la même langue, disons celle de la narration, en français, nous les écoutons, elles se causent la moitié du temps sans s’adresser un regard. Je te laisse imaginer.

Note, nuit du 23 au 24 juillet. Baise dans la tente à côté.. peut-être à deux mètres cinquante, distance de toiles de tentes, quelques épaisseurs de tissu séparées d’air et de noir. Crissements fatiguées, sol plastifié frotté de frôlements et de chocs, la fille est bavarde, oui on en est à la fille, toujours, enfin, encore, elle acquiesce aux entreprises du type, révélateur de pratiques peu originales, c’est comme ça, on pense qu’elle lui est monté dessus, le souffle est saccadé mais non essoufflé, ni étouffé, s’il la bute après je ne dirai rien, c’est d’accord, mais c’est mal parti pour.. ah je note pendant qu’on y est l’ultime froissement caoutchouteux d’un préservatif, sans un mot, plaisir de la fin et dernière ligne droite avant l’anéantissement originel, la grande plongée dans le gouffre de l’absurde, de camping ici, couinements, respirations perdue puis suffoquantes, pas de vent pour me cacher ça, me masquer les détails, on y est, avec eux, triste spectacle d’aveugles, il y va toujours, un peu plus vite, on donne le signal, à bonne entendeuse salut ! Et puis lui, l’autre, le troisième, pas moi mais leur pote, le gamin qui tourne en rond dans son igloo à proximité, qui entend tout aussi bien que moi, qui s’imagine la scène mieux que moi par la connaissance qu’il a de ces deux là.. alors que je lisais tranquillement à la bougie, Huysmans, Làs-Bas, non, un pavé de Sollers, je ne dirai pas lequel, plein de cul ce bouquin, malin, et puis non, logique, censé.. des tas de point de suspension partout pour le rythme ou pour la forme.. trois points de suspension, moi deux.. je préfère deux, c’est plus personnel, ce sont mes deux point de suspension à moi, qui n’en sont plus vraiment d’ailleurs... Avortés, il faut que ça aille encore plus vite, je ne veux pas que tu respires autant qu’en lisant Sollers. Et puis à part ça rien à voir. Beaucoup plus brouillon, plus dispersé, sans culture partout, absence de noms propres, pas vraiment de cul non plus, c’est très pudique chez moi ces choses-là. Pardon, je te fait perdre le fil auquel tu t’étais accroché avec peine et grand appétit.. Lui donc, plus très frais, le copain de la nana, le jeunot qui s’emmerde en vacances avec ses grand-parents, une femme sur le rebord de la cuvette, entre sénilité et érosion mentale des bas-fonds, le papy résigné qui sais quand il est inutile de répondre, véridique, dans le camping familial, il écoute vainement, les doigts dans les oreilles, ou jouant du tam-tam sur des casseroles. Il s’est éclipsé lorsque le type à l’accent marseillais, qui parle fort et ponctue chaque ânerie d’une mauvaise toux, quand il ne lui a plus adressé ni la parole ni un regard, jactant pour trois.. mais non il reste, il ne comprend pas encore.. et puis si, ça y est, c’est bon, la boîte de bière est terminée, il gratte une dernière clop et part avec la bite qui le démange vaguement... Tandis qu’à côté ça semble être fini, il allume sa clop pour passer à autre chose, se réconforte.. elle le console, elle s’agite un peu en gémissant indistinctement, il lui en donne encore un peu, le mégot au bec mais sans plus de forces.. c’est vraiment pour pas être salaud.. jouissance à peine, éjaculation au hasard, sacrifice sans chantage, une molle démangeaison dans le ventre.. qui passera.. Chéri ? Mon chéri ? Il s’acquitte du boulot, ça va revenir, meilleur à coup sûr.. cette fameuse bataille qu’il faut remporter coûte que coûte.. J’entends que ça se remet à souffler, elle commence certainement à fumer, des odeurs pas bien précises, enfin il abandonne, merde, tant pis, et puis non, rions ! Rions-en une bonne fois.. Ah ! Ah ! Je me souviens, tu te rappelles ?.. Clops et rires.. suivre la déviation.. changeons de sujet.. Il monte rapidement un scénario.. lui, disons M., elle S., il doit repartir, il est déjà sorti, dans le noir percé de petits lampadaires bas le long des allées, à travers les campings qui se touchent et communiquent entre eux, chemin d’initiés, à travers les strates de vacanciers, les couches des nouvelles arrivantes, déjà des années que ça dure.. six ans peut-être.. les petites combines qui se répètes presque parfaitement.. petits incidents de temps en temps, cas minables.. pas de gymnastique en ce moment à la recherche de D. qui lui a promis un peu d’herbe sans heure fixe.. vie estivale, saisonnier, service e salle, cuisines, plonge, le Bar de la Plage, l’après-midi les client en maillot de bains, clientes mal épilées accoudées au comptoir en attendant leur cornet de glace.. quelques heurts.. devoirs parentaux.. une fois, un père furieux, dans quelle langue déjà.. le coursant le cric de la bagnole à la main.. oui voilà, Corine, seize ans dans huit mois à ce moment-là.. Pouf ! le goût entre les doigts d’une histoire en route à remettre encore à une prochaine fois... T. saute les haies, déniche l’ultime boîte de bière tiède, entretient des relais trafiqués, rafistolages de circonstance avant le mois d’août, D. me voilà, le but, la survie, la fête éternelle, authenticité des illusions viscérales.

Me voilà sur la plage. Changement de décor. Gros nichons flasques, l’Europe au soleil, mer verte, bleue, vagues, bleue bleu. Drôle d’ambiance, cas sociologique quant on y pense. Mais oui ! Trois cent soixante degrés de ciel d’un bleu profond, un maillot bleu, mordoré, marbrures décolorées, solaires.. Vent de large de force un ou deux.. et un hall immense, sans attente, ou plutôt seulement ça, l’oisive demeure de l’attente au soleil, auprès de la découpe montagneuse alentour, sourires en pleins et en creux des contreforts Pyrénéens, restes, offres, ouvertures ? Un après-midi. Tous les romans sérieux se terminent au bord de la mer, ou y font une escale, physique ou onirique, mentale. La Rivage des Syrtes.. avec les beignets et les boissons fraîches, les glaces, les familles, les minettes, les gars, les vieux, les planches à voile, les avions publicitaires dans le ciel, pour accumuler les heures de vol à moindre frais, les matelas pneumatiques surmontés de grandes adolescentes maladroites...
Ici je vois le jour et la nuit. Tu l’as remarqué. Je m’éclipse le matin jusqu’à midi, je dors largement. Midi.. Phare du nouveau jour qui commence, où je suis pratiquement certains de ne rien faire. Sauf écouter des langues exotiques, regarder les hommes et les femmes d’autres contrées, et tout et tout. Je m’habille de silence et sort un carnet bavard, lignes, pauses, relignes repauses, songes, un regard vers ce qui se passe, recette relativement simple composée d’ingrédients à poser sans autre tracas qu’une petite relecture, parfois, et puis taper tout ça en rentrant histoire de réchauffer l’histoire sans trop changer de choses, une petite interprétation de temps en temps équivalente à une lecture peu approfondie, à la petite lenteur.. manuscriture, pauvreté, va l’eau, témoignage.. easy...

Suite du rire : de retour sur la plage. Mal partout, grosse chaleur et plein soleil.. c’est terrible la peau inhabituée à ce rythme sec et brûlant. Je reçois un message bleu de James par la magie des opérateurs téléphoniques. Portables, modulaires, messageries, « allooô ? » Suite du rire disais-je. Une abstentions particulière, sans mystère, rondelette image de nuit où l’on s’éclaire à la bougie, façons comme ça de noyer la lecture dans les bavardages du narrateur, de l’auteur, de ce qu’on veut, d’un personnage, de ce qu’on croit.. « tout écrivain est double.. » et puis par là ramener un peu les draps de la trame dans un frisson feint, une suite qu’on semble pouvoir suivre.. on aimerais bien qu’il se passe quelque chose, une histoire, un truc avec la coquille, qui croustille. Voilà l’affaire, j’avais oublié la coquille, l’enveloppe qu’on donne à lire pour pouvoir vendre un bouquin, je ne parle pas ici des ouvrages qui n’ont que l’emballage, les colliers de nouilles disponibles toute l’année dans toutes les couleurs, non.. un squelette, comme pour les insectes, externe, qui maintient l’ensemble, assure la cohésion. Alors ?! Que faire encore d’une action ou d’une description avec un récit, de répétitions, de retours, revirements, rappels, dénouements, anticipations, intrigues, idées, fausses idées à la rigueur, effets et artifices, c’est elle, là, l’histoire, histoire d’en rire, les dents serrées je souligne, oui !Chic ! ramassage collectif et s’en est fait de notre belle tentative.

« Encore là ? » Voilà ce qui s’appelle une gâterie, un appel à l’exploit, en d’autres termes à ta performance ami lecteur, l’exception que représente ton cas, toi, qui va te voir révéler un grand secret.. Chut !.. oui, un grand secret. Arrivé, le narrateur se barre. Cela non plus il ne fallait pas le croire... Fatigué, sans sommeil, remué dans la largeur, sans envie, fin du rire, si vite.. oui.. déjà dépassé la dose à évacuer en désordre et déraison, pagaille totale.. retard du rire.. partout, les portes claquent, les ouvertures se closent, la nuit enrobe d’un froid diffus, de la fraîcheur d’une première journée d’éclipse apocalyptique posée en atmosphère thermale. Chouette tableau. Ni la survie du genre humain.. ailleurs.. plus compacte, voilà, ailleurs où elle pourra se ramasser, l’humanité, sans choisir, sans effort pour toujours choisir la mauvaise option, se gourer inlassablement et de toutes ses forces.. Lumière électronique disposée à nous suivre le temps d’une heure, moyenne, peut-être plus. Des recueils d’abstractions, des comptoirs sucrés, salés, sucrés, riches, colorés et parfumés à bases de nombreuses synthèses successives, miscibles à grande vitesse, une machine robuste conçue pour ça, le vilebrequin géant lancé à cent mille tours dans l’envergure... Ne s’arrête pas, ne s’use pas, ne dors jamais, sans repos, malgré tout, contre les plus colossales puissances, la force mécanique rutilante projetée sur grand écran, brillance d’astres, mouvement de toutes les masses à travers toutes les énergies depuis l’origine de l’espace accélérant à l’infini vers l’arrivée certaine de la fin des Mondes les plus gigantesques... Ne fait aucun bruit que nous puissions entendre.

Aujourd’hui, la décision.

Enfin.. tu ne crois pas que je ponds tout ces trucs à la fois, en une seule séance.. et maintenant je reviens, plein d’énergie neuve, contrairement à ta situation, certainement que tu tombes de fatigue, ce ne serait que trop compréhensible... Bien j’allais parler de la décision, tu me suis ? Un radieux horizon, réverbération dans l’avenir, ce mot c’est l’eau-delà, le passé bien en place qui revendique sa paternité. Au réveil, la plage, pour écrire. Tu veux savoir.. les sujets sont pauvres et la position inconfortable, la lèche du soleil à la bougie sur toute la face du corps offerte au feu. Je veux dire que ça chauffe sacrément.. Paysage à la recherche de la plasticité des corps, vaine entreprise, pas le profil ici.. il n’y aura donc pas dans ton livre d’infinissables descriptions mâles de félines irrespirables ni d’alandres aqueuses, rien que du mauvais choix de notre endroit, ou l’exigence sur des critères dénaturés inscrits dans la mémoire... Travail solennel affranchi de la réflexion, je pose, tu poses, nous posons.. Mots-Otages.. Lecteur-Complice, la pitance tristement renfrognée dans son coin moisi de cellule, de forme vulgaire.. Bah... griffonnages pour dire, que, tentative graduelle, mettre les choses où elles sont, comme on soulève les objets pour faire la poussière, parfois on se contente de les contourner, la trace, un peu de l’empreinte, du soleil auquel on a droit, l’œil, la deuxième partie qui arrive.






notes,

vendredi 2 août
Cahiers - IV

textes

4-03-2007
Chapitre du Roman
Troisième partie
- Klingsor

24-07-2002
Chapitre du Roman
Deuxième partie
- Klingsor

24-07-2002
Chapitre du Roman
Première partie
- Klingsor

Conception et réalisation Homo futuris