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Personne.





D’abord, il y a eu cet homme qui passait entre les chariots, rayon des surgelés, et sa suffisance qu’il portait comme un manteau, qui lui faisait derrière comme une traînée, le sillon que se creuse une odeur dans la foule, une vague qui se répand et transforme l’espace auprès, et les gens. Il n’était pas bien grand, mais regardait de haut, sans avoir pour autant un air de gestapo ; et l’affluence qui se pressait pour passer en tous sens dans les allées semblait sentir s’appliquer sur elle la volonté de puissance qui respirait de toute une personnalité, plus en os qu’en chair.

On ne lui cédait pas le passage, à peine remarquait-on son arrivée, on n’ouvrait pas une voie devant lui pour qu’il puisse passer. Pas maintenant. Mais on hésitait à la refermer, après.

Et puis l’autre. Une femme qui avait l’air d’être née pour un guichet à l’administration. Née pour porter des lunettes qui l’obligent à tendre son cou en avant, la nuque cassée, d’un air interrogateur, comme si elle attendait sans cesse une précision supplémentaire à ce qu’on lui raconte là, à ce que tout le monde raconte... à ce que ce monde, là, raconte. Née pour ne jamais rien comprendre et faire répéter. Née pour se traîner un corps derrière la tête, d’une allure de sénilité mal imitée.

Voilà aussi ce qu’elle emportait partout avec elle comme une auréole : un air intéressé qui ne tient qu’à ses idées. Et c’est très loin d’être une absence. Elle vous écoute comme le fait une poterie ; et vous répond de la même manière.

Il est probable, en général, qu’en grattant un peu, en les rencontrant dans des circonstances particulières, des accidents comme il en arrive, qui les forcerait à se mettre à nu, un peu, beaucoup, et en parlant avec eux, des années durant, en se laissant promener dans leur vie un peu comme un chien en laisse attire dans l’obscurité de la nuit l’insomniaque et le guide à travers les allées des parcs sombres, en étant là, en donnant à recevoir, on tomberait sans sourciller, à un moment donné, sur la petite personne qui avait eu peur du père noël ; et les frustrations fondatrices. Mais, entre les rangées alignées de boites en carton colorées, si elle n’était pas définitivement disparue, elle était à n’en pas douter en voyage, très loin.

(Si proche qu’elle tournerait quelque part, en attendant de revenir à la réalité, sommeillant à l’intérieur de ce qu’ils comprennent du tout, de l’idée qu’ils s’en font, et à l’intérieur de chaque chose. Encore là, présente sur les étalages, elle parle. Elle diffuse. Elle inocule. On la sent, entre les paquets de riz, de derrière le passé, elle gravite. On ne fait qu’encaisser sa présence, par ce qu’elle fait de nous, mais rien de ce qui nous arrive ne semble la toucher. Et, au fond, ça n’a aucune importance.)

Et puis, ce n’est que du temps, du temps qui passe et qui s’entasse, un espace de temps dans lequel on brasse de l’air. On fait des mouvements, sans s’en rendre compte. L’espace rectangulaire d’un super marché au ceint duquel chaque acte, même infime, même unique, résonne dans les fibres intimes de son existence. C’est un acte. C’est un fait. Et il n’est pas besoin d’une conséquence énorme, d’un meurtre, d’un mariage, pour qu’il forme son corps, ses bras et ses jambes pour se véhiculer, se crée son aura, se réplique, à l’infini, et puis la modifie. Plus de temps on passe à faire ou à penser une chose, plus on devient la chose. La chose en question.

C’est ce à quoi il réfléchissais, penché sur le bac à surgelés, se demandant ce qu’il emporterait avec lui, partout, s’il était ces gens là, se disant que d’où il était, il se laissait, lui, l’impression de n’être personne.






notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

textes

15-04-2008
Verticales
- James Benoit

24-12-2007
Reptile - 6 - Lentement, comme de lui-même.
- James Benoit

10-12-2007
Reptile - 5 - Les discussions font encore rage.
- James Benoit

28-11-2007
Reptile - 4 - On ne fait pas ce qu’on veut.
- James Benoit

19-11-2007
Reptile - 3 - Un peu de tout et n’importe quoi.
- James Benoit

6-11-2007
Reptile - 2 - Direction est donc prise.
- James Benoit

13-06-2007
Reptile - 1 - Sur les photographies.
- James Benoit

15-01-2007
Amoures propres.
- James Benoit

15-12-2006
La mélodie des dieux.
- James Benoit

5-02-2006
Animal de foi.
- James Benoit

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