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Le théâtre des événements est une place ouverte. Le public s’est massé sur ses rives faciles, les trottoirs, le perron de l’église, la queue à boulangerie, les allées et venues de la foule. Ils poussent des poussettes, tirent des tirettes et promènent quelque chose en laisse.

Angèle assiste au tout. Elle se figure pouvoir passer inaperçue dans les flux. On ne se souviendra pas de sa chevelure aux reflets roux, des ses ongles vernis en transparence, ni de sa robe de dentelles qui revient droit des dunes.

Avec tout le monde, elle fait son marché. Ce soir, elle aura faim de bananes dont on fait des crises diplomatiques. Du maïs génétique. Bien accommodé, elle s’en fera une fête. Tout au bout la chaîne, l’agriculteur croule sous ses dettes. Mais c’est un bonheur pour elle, cuisiné à la poêle.

Elle assiste aux opérations avec le dégagement d’un anesthésiste et la méthode d’un joueur de cricket. Les denrées s’étalent et la parcourent. Elles sont autant de visages connus, autant de voix familières auxquelles il faut répondre et qu’il faut contenter, parce qu’avec un sourire, ce serait la moindre des choses.

Aussi, appliquée, elle bourre à la va vite son panier à provision d’objets, attrapés et pesés. Sphères colorées, oblongs lointains. Pas plus d’un kilogramme. Elle paie avec des billets rectangulaires et reçoit des pièces rondes. On la rattrape au bout de l’allée parce qu’elle avait oublié un foulard sous une boite de thon. Le garçon est une brute. Il a de jolis yeux.

Auprès des acacias, elle s’entend chantonner une ballade. Il est question des amours d’un bagnard et d’une fileuse, un acrobate et une chanteuse, une baleine et un chalutier. Il est question de rentrer avant la nuit parce que le loup rode au dehors et qu’on l’entend déjà hurler.

Elle descend la pente sablonneuse qui mène à la grève en prêtant attention aux petits cailloux. Il n’est pas rare, par ici, qu’elle en ramène un ou deux dans ses poches pour augmenter sa collection. Chacun a sa signification, son souvenir associé, sa pensée du moment, sa matinée de novembre, sa rivière gelée, son été à Delhi... Chacun porte son mot, un nom, une marque, de quoi le rendre unique.

Sur l’étagère de l’entrée, ils forment un peu leur vocabulaire ; mélange des formes et des couleurs, en succession et en désordre. Souvent, il lui arrive de les déplacer, de les réarranger, de manière à modifier la place de ses souvenirs propres, de manière à changer leurs signes, qu’ils font sans s’en douter, leurs appels, leurs clins d’œil. Tout ce brouhaha des pierres qui murmurent.

Elle les garde longtemps sur elle pour qu’ils s’imprègnent des ses sentiments, de ses odeurs et de tout ce qui la fait elle. L’idée serait d’en faire un conte. De s’inventer princesse. Et d’aller se raconter partout. C’est son château qu’elle bâti pierre par pierre dans ses poches angulaire. C’est un espoir qu’elle accumule en amont, dans ses souhaits, et qui commence à encombrer le moindre des rapports. Eboulement permanent sur la chaussée d’un quotidien et les humeurs placides du bon voisinage.

Angèle plane. Sans corps, sans âme. Il suffirait que quelque chose bouge dans le décor, comme une dent qui va se décrocher, il suffirait qu’une météorite pas plus grosse que le poing frôle le toit de la mairie et roule jusqu’à la plage, il suffirait qu’un bateau plein de militaires débarque on ne sait d’où entre les dunes et libèrent le pays, pour qu’elle advienne enfin.






notes,

mercredi 21 décembre
Les champs d’automne

samedi 26 novembre
Téléphone

samedi 26 novembre
Sans date non plus

samedi 26 novembre
Sans date

samedi 30 avril
Cinquième note, évolutive.

mardi 12 octobre
Petite vanité

lundi 5 avril
Traque

mercredi 28 janvier
Quatrième note, conjonctive.

mardi 11 novembre
L’inconfort

vendredi 21 mars
Troisième note, géographique.

lundi 18 novembre
Génération de l’ineffort

samedi 12 octobre
Deuxième note, récapitulative.

vendredi 4 octobre
Première note, explicative.

samedi 28 septembre
Aux aurores assagies..

lundi 2 septembre
Fin du journal I

dimanche 28 juillet
Le jour était levé

textes

15-04-2008
Verticales
- James Benoit

24-12-2007
Reptile - 6 - Lentement, comme de lui-même.
- James Benoit

10-12-2007
Reptile - 5 - Les discussions font encore rage.
- James Benoit

28-11-2007
Reptile - 4 - On ne fait pas ce qu’on veut.
- James Benoit

19-11-2007
Reptile - 3 - Un peu de tout et n’importe quoi.
- James Benoit

6-11-2007
Reptile - 2 - Direction est donc prise.
- James Benoit

13-06-2007
Reptile - 1 - Sur les photographies.
- James Benoit

15-01-2007
Amoures propres.
- James Benoit

15-12-2006
La mélodie des dieux.
- James Benoit

5-02-2006
Animal de foi.
- James Benoit

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