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SYNOPSIE
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La laveuse de carreaux





 

LA LAVEUSE DE CARREAUX, accroupie face à moi que je vois au dehors à travers son ouvrage, ou alternativement juchée sur une chaise et alors elle peine sans plainte à la saccade de son bras crispé sous la crampe et les tensions développées à s’appuyer contre la vitre.

Métisse à la chevelure ondulée et aux épaules d’avant-bras tendus dans l’effort, en haut en bas assise à nouveau avec son beau corps dont elle n’use que pour la besogne cependant qu’il lui attire les caresses de son uniforme, employée au travail de force, ménage, tâche d’entretien à ce moment de la journée où ses reins ployés sur l’outil ne servent ses hanches et ses fesses fermement bondies sur moi un instant quand elle se baissait et que j’étais au centre de l’arc de son geste hâtif.

Les jambes bataillent un rythme commandé du torse se libérant pour étreindre nerveusement sous le profil boudant et provocateur la fleur montée à la tige du cou, là encore dans mes lignes où son oeil se pose à trois reprises, interrogateur de mon regard qui lui picore d’imaginaires parasites, sur elle et le vide qu’elle occupe de mes pensées-enveloppes d’une mer de douceur extrême dont il faut parler.

Elle reste inscrite aux brèves paroles que nous échangeons de politesses filées dans l’air. Manie t-elle le balai près de ma table, je lui rature des égards poussifs et me pousse convaincu depuis trop longtemps d’une sympathie muette pour les autres en général changée en une morne limace bégayant sa civilité polie au gravier. La salle se tisse autour des sucres que je laisse glisser dans mon café, l’espace réapparaît comme je l’avais oublié, chose acquise et imperméable dans le jour. Les vitres sont demeurées autrement troublées, des lambeaux d’aurores boréales blanchâtres animent le récent combat de la belle indigène et du chiffon alcoolisé qui rappela à l’ordre du jour qu’on trouve la jeune femme active à une tout autre chose, à se faire oublier.

Ma chaise robuste me met dans tous les états d’inconfort, le dossier me mord et je m’y écoule avec dégoût, reste avec la crainte de la rupture saline comme on lape un regard supplémentaire, un jet d’amour en retour, un prétexte à rester, une lettre à tendre. Voilà dans quels états me laissent mes combats réguliers contre chaises et banquettes du mobilier urbain. Au même moment, dans tous les temps et par-delà les mythes et légendes des différents mondes, nombre de femmes se lovent secrètement, serrent leur poignets au galon unique de la virile entreprise en de hauts faits de violence et de sensualité jusqu’à la descente aux plus bas idiomes du pluriel au corps mutilés, comme on met pied à terre d’une chaise. L’article habillant les légions de même image, image multiple et passive, masse d’hommes et de sexes aimants, vaste source amante dans le coin du champ de bataille fumant.

L’uniforme de l’employée dont les rondeurs évoluent et roulent en s’éloignant. Une Afrique de visage délicats et de corps de pleine santé alignés s’allume dans la mémoire d’une géante cambrée toute de gais coudes et de seins puissants, d’échines vitales aux couleurs de soleils, de cuisses bâties dans l’action. Lorsqu’une épaule dénudée se forme clavicule, creusant son lit dans la gorge où un peu d’eau tiède pourrait être retenue, au loin des dernières vertèbres saillantes unies sous la peau éclairée pour conserver un peu de lait ou de vin perlant peu à peu à déborder dans la raie et parcourir la croupe jusqu’au baiser. Obscurité des longues jambes groupées, la lumière vous cuit aux jarrets moulés, les pointes osseuses évanouies sommeillent d’ennui et l’heure aux ténèbres suit l’offre qui émerge lentement dans la chaleur d’une scorie sans mouvement. Les profondeurs grondent sourdement dans le corps, l’agitation rêveuse se tord dans l’à-pic du souffle dansant, la respiration lumineuse hume la dépression des cyclones saturés de lambeaux d’ivresse, les regards se posent et ces proies curieuses reprennent leur envol aussi vite, à travers toutes les images, formant le peuple ailé.






 

Femme bleue à genoux
LA LAVEUSE DE CARREAUX, accroupie face à moi(...)



Mots,

Des mots que j’ai oubliés...
notes,

jeudi 24 février
Nous ne sommes jamais à l’abri de la pluie.

mardi 27 mai
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